Nouvelle-Calédonie Vanuatu

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Activités au Vanuatu

Sommaire

Contexte global


Le Vanuatu est un archipel composé de 80 îles volcaniques s'étirant sur 850 km du nord au sud pour une superficie terrestre de plus de 12000 km². Bien que doté de formations récifales modestes en comparaison des pays voisins du Pacifique (environ 450 km² de récifs coralliens pour un linéaire côtier de près de 2500 km), celles-ci revêtent une importance majeure pour les populations insulaires, en majorité rurales (80%) et étroitement dépendantes de la pêche vivrière pour leur subsistance.

L’équipe IRD COREUS 2 « Biocomplexité des écosystèmes coralliens de l’Indo-Pacifique » développe des activités de recherche en écologie et en halieutique au Vanuatu depuis 2008, en partenariat avec le Département des pêches du pays. Un chercheur et un ingénieur de recherche y sont accueillis depuis 2010, en réponse à une forte demande de soutien et de collaboration des partenaires vanuatais sur des thématiques de recherche appliquées ciblant l’évaluation et la gestion des ressources marines et des habitats récifaux associés .

Fonctionnement et performance écologique des aires marines tabu au Vanuatu ( Projet EFITAV)

Au Vanuatu, on observe de fortes disparités géographiques de l'effort de pêche à l'échelle de l'archipel, avec pour corollaire des variations spatiales considérables de l'état des stocks des principales espèces exploitées. C'est en particulier le cas des populations d'invertébrés récifaux faisant l'objet d'une pêche traditionnelle, dont l'effondrement des stocks s'est accentué sur les dernières décennies : les principales pêcheries de mollusques (trocas, burgau ou « green snails », bénitiers), échinodermes (holothuries, oursins) et crustacés (langoustes, crabes de cocotier) présentent ainsi des signes alarmants de surexploitation, les populations de certaines zones étant au bord de l'extinction.

Sur la majorité des îles peuplées, les villages sont ainsi confrontés à un appauvrissement rapide de leurs ressources récifales, qui a donné lieu au développement de nombreuses initiatives de gestion communautaire des ressources marines. C’est en particulier le cas des « aires tabu », réserves marines de petite taille (en général moins de 1 ou 0,1 km²), sans équivalent en zone tempérée : à l’heure actuelle il existe probablement 300 de ces « micro-réserves communautaires » réparties sur l’ensemble de l’archipel, dont les règles de gestion présentent une grande diversité avec des interdits (espèces, périodes, méthode de capture…) spécifiques à chaque village. Paradoxalement, la perception globalement favorable de ces micro-AMP au sein des populations locales est loin d’être confirmée scientifiquement : les rares études disponibles rapportent en effet des effets écologiques contrastés, sous l’influence directe des caractéristiques intrinsèques des micro-AMP (en particulier taille, âge, régulation, pratiques).

S’appuyant sur l’existence d’un vaste réseau d’aires marines protégées gérées par les communautés (aires tabu ), ce projet a pour but d’évaluer les capacités de ces « micro-AMP » à restaurer/maintenir efficacement le niveau des ressources récifales. Il s’agira en particulier de mieux comprendre leurs impacts écologiques sur les populations de poissons et d’invertébrés pêchés, afin de fournir des critères objectifs d’efficacité et d’aide à la définition de ces zones (ex. surface récifale minimale à protéger, durée de la protection nécessaire en fonction des espèces ciblées). Ce projet devra ainsi permettre d’accompagner l’effort de mise en place par le Vanuatu d’un programme de suivi des écosystèmes coralliens de l’archipel.

Financement : Fonds Pacifique, Gouvernement de Nouvelle-Calédonie, Gouvernement du Vanuatu, IRD

Durée : 2010-2012.

Transfert d’échelle de la gestion villageoise des pêches récifales au Vanuatu ( Projet GESTRAD)

Au Vanuatu, la politique nationale des pêches, revue en 2009, est tournée vers les ressources exportées (thons, trocas, burgau, holothuries, poissons et coraux d’aquarium…) ou emblématiques au niveau mondial (mammifères et tortues marines), et quelques invertébrés à forte valeur marchande (langoustes, cigales, crabe de cocotier). Les activités de pêche quotidiennes, importantes en termes de sécurité alimentaire du pays sur le plan des apports protéiques, y sont paradoxalement peu considérées. En particulier, les poissons récifaux pêchés pour la consommation locale ne font pas l’objet de réglementation nationale. Les communautés littorales ont de fait la responsabilité de la gestion de ces ressources, qui s’effectue ainsi à l’échelle des villages.

L’objectif général du projet GESTRAD est de contribuer à définir une politique nationale pour la gestion des pêcheries récifales de poissons, qui considère les modes de gestion villageoise en vigueur aujourd’hui. Il s’agit d’évaluer dans quelle mesure les régulations édictées localement pourraient être complétées par des dispositifs de gestion à plus large échelle géographique et sociale, avec l’appui des autorités publiques. L’étude portera sur les îles d’Efate, de Malekula et de Santo où plusieurs villages seront enquêtés. L’organisation actuelle des pratiques de pêche, les règles tacites en place, les perceptions quant aux enjeux de gestion actuels et les savoirs écologiques locaux figurent parmi les points à analyser selon une approche comparative et historique.

Le CNRS (UMR 51 75 Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive) apporte une orientation en sciences humaines. Le Centre Culturel du Vanuatu, impliqué depuis les années 1990 dans l’étude de la pêche traditionnelle, est également partie prenante.

Financement : Fonds Pacifique et Gouvernement du Vanuatu.

Durée : 2011-2012

Gestion des stocks d’holothurie du Vanuatu (projet Projet BICHLAMAR 1&2)

Avec la perspective de la réouverture de la pêche à l’échelle du territoire début 2013 après un moratoire national de 5 ans, la question de la gestion durable des ressources en holothuries est une des préoccupations majeures du service des Pêches du Vanuatu.

La pêche des holothuries s’est fortement développée au Vanuatu à partir des années 1970 dans toutes les îles de l’archipel. Avec plus de 50 millions de francs pacifique par an, c’est alors la 2ème ressources du pays en valeur derrière le troca ; les principales zone de pêche sont situées à Santo, Malekula, Efate, Erromango et Aneityum. Après une période de croissance et un pic à 66 t/an de produit séché en 1992 et 1994, la surexploitation a entraîné un effondrement global des stocks des espèces commerciales, et une baisse tendancielle des exportations depuis la fin des années 1990. Une évolution similaire est observée dans de très nombreux pays de l’Indo-Pacifique, dont les populations naturelles d’holothuries présentent désormais des signes de régression alarmants allant parfois jusqu’à l’extinction locale des espèces les plus recherchées. Au Vanuatu, la fermeture de la pêche a donc été décrétée au niveau national en 2007, pour une période de 5 ans.

Effectué en partenariat avec la Nouvelle-Calédonie où des actions pilotes ont déjà été menées par l’IRD et les provinces depuis 2008, le projet a pour but i) d’évaluer le niveau des stocks avant la réouverture de la pêche en 2013, et ii) d’acquérir les données biologiques indispensables (croissance, reproduction, recrutement) pour les différentes espèces et les différentes zones de pêche de l’archipel. In fine, les résultats permettront de préciser le plan de gestion des stocks d’holothuries à l’échelle du Vanuatu sur plusieurs années (ex. recommandation de quotas par espèce et par île). Des actions de formation spécifiques permettront d’effectuer des transferts de connaissance vers les services techniques des différents partenaires (Nouvelle-Calédonie, Vanuatu).

Financement : Fonds Pacifique, Gouvernement de Nouvelle-Calédonie, Gouvernement du Vanuatu.

Durée : 2011-2014. Une thèse IRD/Université de Hong-Kong soutiendra ce projet, début prévu en septembre 2011.