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UMR 040 – Laboratoire des Symbioses Tropicales et Méditerranéennes (LSTM)

Avril 2011

© IRD / N. Perrier Champignon Pisolithus albus

  • Département : Département Environnement et Ressources
Le LSTM étudie la diversité des symbioses ectomycorhiziennes au sein des maquis miniers et leurs rôles dans l’adaptation des plantes hôtes à la contrainte édaphique ultramafique.

Implanté depuis 2006 en Nouvelle-Calédonie, le laboratoire LSTM fait partie d’une unité mixte de recherche de microbiologie et de biologie des plantes, spécialisée dans la biodiversité et les mécanismes de fonctionnement des microorganismes symbiotiques et dans la réponse et l’adaptation des plantes à ces microorganismes et aux conditions extrêmes de l’environnement.

sols ultrabasiques, Nouvelle-Calédonie © IRD / P. Jourand Les sols ultrabasiques sont caractérisés par des concentrations élevées de fer, chrome, cobalt, manganese et nickel généralement toxiques pour les végétaux. Ils sont pourtant caractérisés par une végétation riche, avec un taux d’endémisme supérieur à 80 %.

Les massifs ultramafiques qui couvrent le tiers de la superficie de la Nouvelle-Calédonie sont largement exploités comme sources de minerai de nickel. Le territoire représente la seconde réserve mondiale de nickel et correspond au quatrième pays producteur. L’activité minière impacte fortement les écosystèmes terrestres de ces massifs et menace leurs équilibres biologiques. Les exploitants miniers ont pris en considération l’impact de leurs activités et se sont adressés à la communauté scientifique pour proposer des stratégies de re-végétalisation des sols après exploitation et pour gérer les topsoils (partie du sol supérieur excavé avant exploitation) en vue de leur réutilisation.

Les recherches ont ainsi montré la nécessité de prendre en compte les interactions plantes / microorganismes dans les stratégies de re-végétalisation et, notamment, les communautés bactériennes et mycorrhiziennes connues pour jouer un rôle bénéfique majeur dans la réponse des plantes au stress des métaux lourds. En effet, ces communautés microbiennes jouent un rôle majeur dans l’adaptation des plantes à la contrainte édaphique ultrabasique. Leur présence est indispensable aux phases de germination et au début de la croissance de certaines espèces endémiques utilisées comme couverture végétale initiale et pionnière pour la restauration écologique des maquis miniers.

© IRD / P. Jourand Observation à la loupe binocculaire de symbioses ectomycorrhiziennes

L'équipe du LSTM a mené des travaux centrés sur le couple symbiotique entre le champignon ectomycorrhizien Pisolithus albus et les plantes de la famille des Myrtaceae . La diversité des symbioses ectomycorhiziennes dans les forêts à galerie et les maquis des massifs miniers ultramafiques de Nouvelle-Calédonie a été démontrée. Il s’avère que les sols ultramafiques de ces maquis structurent les populations du champignon Pisolithus albus en écotype, avec des souches tolérantes ou sensibles au nickel, métal lourd le plus toxique rencontré dans ces sols. Les souches de P. albus tolérantes au nickel contribuent fortement à la survie et la croissance d’une plante hôte modèle de la famille des Myrtacae (Eucalyptus globulus ) en dépit des concentrations élevées de nickel, telles que mesurées dans les sols des maquis miniers. Les travaux du LSTM ont révélé l’existence de marqueurs moléculaires spécifiques de la tolérance au nickel chez Pisolithus albus .

Concernant les stratégies de revégétalisation des maquis miniers, l’équipe du LSTM a illustré l’importance parmi les plantes pionnières de la famille des Cyperaceae qui sont mycorrhizées. Des essais d’inoculation ectomycorhizienne de plantes de la famille des Myrtaceae endémiques ont été réalisés en partenariat avec l’IAC et l’UNC.