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Fiches d'actualité scientifique
386 - Les premiers "réfugiés climatiques" du Vanuatu sont toujours menacés
Le village de Lataw, sur les îles Torrès au Vanuatu, prend l’eau. En 2004, cette petite localité au beau milieu du Pacifique Sud a dû reculer de plusieurs centaines de mètres, ses 70 habitants devenant ainsi les premiers « réfugiés climatiques » de l’Histoire d’après les Nations Unies. Innocentes victimes du réchauffement global ? Pas seulement. Des chercheurs de l’IRD et leurs partenaires( 1) viennent de montrer, dans la revue PNAS , que l’archipel s’enfonce dans l’océan avec une vitesse de l’ordre d’un centimètre par an. Le Vanuatu se situe à la frontière de la plaque tectonique du Pacifique, sous laquelle plonge la plaque indo-australienne, entraînant la base de la plaque chevauchante et les îles situées dessus.
De ce fait, la montée apparente de la mer est deux fois plus rapide que prévu. Lataw n’a pas été déménagé au bon endroit. A l’instar de leurs ancêtres, les habitants des Torrès, comme d’autres îles du Vanuatu, devraient retourner sur les hauteurs. Ces travaux aideront les autorités locales à prendre à l’avenir les meilleures décisions pour leur futur.
380 - Salinité et couleur de l’eau annoncent El Niño
Les deux enfants terribles du climat, El Niño et La Niña, prennent naissance lorsque se déplace l’immense réservoir d’eaux chaudes situé dans le Pacifique tropical ouest, appelé « warm pool ». Des chercheurs de l’IRD et leurs partenaires( 1) viennent de mettre en évidence deux paramètres permettant d’observer le déplacement de cette dernière : la salinité et la couleur de l’eau.
La première informe sur la « couche barrière de sel » qui joue un rôle majeur dans les transferts verticaux de chaleur et se révèle un élément moteur de la dynamique climatique mondiale. Mais, à ce jour, les scientifiques n’ont pas encore accès à des observations suffisamment fréquentes sur la salinité pour surveiller de près la masse d’eaux chaudes.
La couleur de l’eau, en revanche, peut dès à présent être suivie de manière hebdomadaire par image satellite. Une équipe de l’IRD et ses partenaires( 2) de l’UMR LEGOS( 3) a récemment montré que celle-ci marque la limite est de la warm pool , dont l’avancée, jusqu’à 5000 km, déclenche les événements El Niño. Les chercheurs peuvent désormais prévoir les anomalies climatiques et prévenir leurs conséquences.
379 - Forêts tropicales humides : aux origines de la biodiversité
Les forêts tropicales humides recèlent mille et une ressources vivantes. Où, quand et comment est apparu ce trésor de biodiversité ? Pour répondre à ces questions fondamentales, des biologistes de l’IRD et leurs partenaires( 1) ont retracé pour la première fois l’histoire évolutive d’une famille de plantes caractéristique de cet écosystème : les palmiers( 2). Grâce à une méthode de datation moléculaire, c’est-à-dire basée sur les séquences d’ADN, les chercheurs sont remontés jusqu’au milieu du Crétacé( 3), la dernière ère des dinosaures. Résultat : leur origine remonte à 100 millions d’années en Laurasie – l’ancienne masse continentale de l’hémisphère Nord – et non à l’équateur il y a seulement 65 millions d’années, comme supposé jusque là.
Selon la théorie de l’horloge moléculaire( 4), l’équipe de recherche a alors déterminé la vitesse d’apparition des espèces. La richesse des forêts tropicales humides est le fruit d’une diversification constante sans doute grâce à l’existence continue de cet écosystème depuis sa formation. Zones refuge au gré des glaciations et des extinctions massives, elles sont aujourd’hui grandement menacées par les activités humaines.
378 - Paludisme : à la recherche de plantes oubliées
L’apparition de résistances à l’artémisinine, le traitement du paludisme le plus répandu à ce jour, relance la recherche de molécules actives contre le parasite Plasmodium falciparum responsable de la maladie. Dans un numéro spécial de la revue Malaria Journal , des chercheurs de l’IRD et leurs partenaires( 1) soulignent l’énorme potentiel que recèlent les plantes. Si ces dernières composent déjà de nombreux produits pharmaceutiques, la flore mondiale demeure largement inexploitée, 90% restant méconnue.
Pour découvrir les médicaments de demain, la recherche médicale doit revisiter les pharmacopées traditionnelles. De fait, plus de 1200 espèces végétales sont utilisées à travers la planète pour soigner le paludisme, dont bon nombre ont démontré une efficacité. C’est l’action conjointe de plusieurs molécules qui par un jeu de synergie amplifie l’activité antiparasitaire de l’une d’entre elles et fait la force des remèdes traditionnels. La recherche de ces synergies ouvrira de toutes nouvelles pistes thérapeutiques.
En termes d’accès au traitement, exploiter des ressources naturelles locales augmenterait la disponibilité des médicaments et réduirait leur coût pour les populations.
368 - Paludisme : pourquoi les Seychelles sont-elles indemnes ?
L’absence de paludisme aux Seychelles est énigmatique. Rares sont les zones épargnées dans le monde et l’archipel fait exception en Afrique. Climat, localisation, trafic aérien et maritime intense… toutes les conditions favorables aux anophèles, les moustiques vecteurs de la maladie, semblent pourtant réunies. Un chercheur de l’IRD et ses partenaires( 1) viennent de montrer pour la première fois que cette absence d’Anopheles endémiques est due à celle de mammifères terrestres autochtones. De fait, le bétail, les chiens, les chats, les souris… ne sont arrivés avec l’Homme qu’à la fin du 18e siècle. Cette étude conclut que le moustique se nourrit exclusivement du sang de mammifères terrestres, et non de celui d’oiseaux, de reptiles ou de chauves-souris, même par défaut.
Mais depuis que l’Homme a posé le pied aux Seychelles, le vecteur aurait pu coloniser l’archipel. Si ces îles ont été préservées du fléau paludéen, notamment grâce au contrôle sanitaire aux frontières, les chercheurs encouragent les autorités seychelloises à poursuivre leurs efforts.









